Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 16:19

Beaucoup se sont exprimés publiquement avec plus ou moins d'objectivité sur un élargissement du périmètre de la Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau.

D'aucuns soutiennent que c'est le partage des réseaux (d'eau potable, d'assainissement...) qui serait l'élément justifiant l'adhésion d'une commune à un établissement public de coopération intercommunale y ajoutant même la nécessité d'un espace géographique continu.

Si ce raisonnement peut éventuellement être un critère, sa pertinence n'est réelle que pour une zone géographique fortement urbanisée, comme pour la petite couronne d'Ile de France par exemple.

Mais transposé aux villes de Fontainebleau et d'Avon, force est de constater que cet argument sonne comme une condamnation pour la communauté de communes à rester à deux, en contradiction totale avec l'esprit de la récente réforme des collectivités territoriales qui tend à renforcer l'intercommunalité par des regroupements rendus inévitables à terme, simplifiant ainsi le paysage intercommunal pour le rendre plus efficace concomitamment à la réduction du soutien financier de l'Etat.

Pour d'autres, la Seine serait une sorte de barrière naturelle qui révèlerait l'inexistence d'un bassin de vie (sic).

Pour ma part, la Seine est un bien précieux partagé avec nos amis de l'autre rive.

J'y vois plutôt un trait d'union (au sens figuré), un espace d'intégration et d'aménagement comprenant un formidable potentiel de développement.

C'est une véritable chance que d'avoir la Seine en partage.

Plus concrètement, pour déterminer le périmètre pertinent d'une intercommunalité de projets, il faut rechercher et délimiter le territoire sur lequel les habitants organisent leur vie quotidienne et ont accès à la fois aux équipements et à l'emploi.

Bien évidemment, ce territoire doit présenter une cohérence géographique, sociale, culturelle et économique, exprimant des besoins homogènes en matière d'activités et de services.

Ce périmètre, qui se fonde sur le flux migratoire quotidien de la population pour ressembler au fonctionnement d'une aire urbaine, est ce que l'on appelle un bassin de vie.

L'intérêt du bassin de vie, contrairement au bassin d'emploi, c'est qu'il prend en compte la capacité d'attraction des équipements et des services publics et privés, tels que les transports, l'enseignement, la santé, l'action sociale de la ville principale.

On en vient donc à convenir que c'est bien l'aire d'influence d'une ville qui délimite le bassin de vie.

Au sens large, les différents services et équipements de la vie courante qui servent à définir un bassin de vie sont les suivants :

Les équipements concurrentiels.

Hypermarché et supermarché, vétérinaire, banque, magasin de vêtements, magasin de chaussures, librairie, magasin d'électroménager, magasin de meubles, droguerie, grande surface non alimentaire, marché de détail.

Les équipements non concurrentiels.

Gendarmerie, perception, notaire, Pôle Emploi, maison de retraite, bureau de poste, crèche ou halte-garderie, installation sportive couverte, piscine couverte, école de musique, cinéma. 

Les équipements de santé.

Médecin, infirmier, pharmacie, masseur-kinésithérapeute, dentiste, ambulance, maternité, urgences, hôpital de court séjour, hôpital de moyen et long séjour.

Les équipements d'éducation.

Collège, lycée général et/ou technologique, lycée professionnel.

Après avoir cité quelques exemples d'équipements de vie usuelle, intéressons-nous maintenant à notre environnement intercommunal.

La Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau est indéniablement un bassin de vie ainsi qu'un pôle de centralité qui a vocation à s'élargir sur les communes et/ou les communautés environnantes notamment via l'identité touristique du territoire.

La petite communauté de communes "Entre Seine et Forêt" est proche de notre intercommunalité qui exerce indubitablement sa centralité vis-à-vis d'elle et dont personne ne peut en contester, avec sérieux, la réalité.

Un rapprochement avec notre communauté de communes apparaît donc pertinent.

L'attraction de la Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau sur celle du "Pays de Seine", bien que située entre les influences de Melun et de Fontainebleau, est encore plus évidente si l'on prend en considération le partage du même SCOT (Schéma de COhérence Territoriale) et d'un contrat CLAIR tourisme, en 2006.

De taille plus importante que les précédentes et située au centre sud du département, la communauté de communes de "la Région de Chatelet en Brie" se partage entre l'aire d'attraction de Melun et de la Communauté de Commune du Pays de Fontainebleau étant précisé qu'elle aussi a déjà partagé un contrat CLAIR avec notre intercommunalité.

Située au sud ouest du département, la communauté de Communes du "Pays de Bière" est une communauté de taille moyenne qui est sujette, quant à elle, à une triple attractivité en les communautés de communes du "Pays de Fontainebleau", de "Melun Val de Seine" et "Seine Ecole".

Partageant le même SCOT que celui de la Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau, le regroupement avec cette dernière semblerait plus naturel.

Quant aux communes sans intercommunalité, une analyse au cas par cas devra être menée pour constater ou nom l'existence d'un même bassin de vie.

On le voit, le potentiel d'élargissement du périmètre de la Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau existe pour peu qu'il y ait une véritable volonté politique d'oeuvrer ensemble pour le seul intérêt général.

Le périmètre du SCOT pourrait très bien caractériser le bassin de vie de la Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau.

En effet, ce document d'urbanisme fixe, à l'échelle de plusieurs communes ou groupements de communes, les orientations fondamentales de l'organisation du territoire et de l'évolution des zones urbaines, afin de préserver un équilibre entre zones urbaines, industrielles, touristiques, agricoles et naturelles.

Il fixe également les obsjectifs des diverses politiques publiques en matière d'habitat, de développement éconmique et de déplacements.

Le Schéma COhérence Territoriale (SCOT) offre l'avantage d'être un document d'aménagement d'un territoire continu et sans enclaves, se projetant sur le moyen et le long terme, et vise une harmonisation dans l'organisation et la mise en valeur du patrimoine naturel et du bâti, en valorisant les éléments qui vont donner une cohérence au groupement ainsi constitué notamment à partir de l'utilisation des équipements et facilités de déplacement.

Voici ma contribution au débat qui doit s'instaurer sur notre intercommunalité.

Si la Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau doit prendre le temps de définir son bassin de vie ainsi qu'un véritable projet fédérateur, elle doit cesser d'en perdre dans le transfert de nouvelles compétences qui auraient dû intervenir depuis bien longtemps. 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires