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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 07:50

Le SMIC est revalorisé tous les 1er juillet jusqu'en 2009 puis au 1er janvier de chaque année à partir de 2010.

La réactualisation se fait en fonction de l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC), indice pour les ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, hors tabac, à laquelle on ajoute la moitié de la croissance du pouvoir d'achat du salaire, mesuré par le salaire horaire de base ouvrier (SHBO).

Le SMIC est encore revalorisé à chaque hausse d'au moins 2% de l'indice des prix, hors tabac.

La Gouvernement peut également ajouter un "coup de pouce" à ces augmentations.

En France, il y a 1,6 millions de salariés payés au SMIC et 2,5 millions si l'on intégre les fonctionnaires et les intérimaires soit près de 11% des salariés.

Le Gouvernement a décidé d'une hausse de 2% du salaire minimum comprenant une inflation constatée de 1,4% auquel s'ajoute un coup de pouce de 0,6 point.

Il n'est plus à démontrer que la hausse du salaire minimum, quelle que soit son importance, réduit l'activité économique et augmente le chômage surtout si l'on considère que depuis l'adoption de l'euro, l'Etat ne peut plus déprécier sa monnaie comme il pouvait le faire pour maintenir la compétitivité des produits français et contrecarrer ainsi la hausse des prix qui suit systématiquement toute augmentation du SMIC.

Selon les estimations de Monsieur Francis KRAMARZ, membre du groupe d'experts chargé par la loi de rendre un avis avant chaque 1er janvier, une augmentation du SMIC de 2% a pour effet une destruction de 50.000 emplois au salaire minimum, dont les jeunes sont les premières victimes, alors que cette même hausse porte le salaire horaire minimal de 9,22 euros à 9,40 euros, ce qui accorde un gain mensuel net de 21,50 euros pour le salarié.

La hausse du coût du travail pénalise davantage les Petites et Moyennes Entreprises où les taux de marge sont réduits, voire inexistante pour 80% des TPE, et dont la proportion de salariés au SMIC se situe autour de 24% dans les entreprises de moins de 10 personnes à comparer aux 4,5% dans les grandes entreprises.

Cette revalorisation du SMIC pèsera également et très fortement sur la dépense publique puisqu'elle alourdit mathématiquement la facture des exonérations de charges sur les bas salaires que compense chaque année l'Etat.

Pour Gilles CARREZ, ex-rapporteur général du Budget de l'Assemblée Nationale, "1% d'augmentation, c'est 700 millions d'allègements en plus" que devra prendre en charge l'Etat en tant que tel, sachant qu'en qualité d'employeur, l'Etat devra également en supporter le coût pour les fonctionnaires concernés.

Dans l'hypothèse où l'Etat envisageait une suppression des allègements sur les bas salaires, Pierre CAHUC, professeur à l'Ecole Polytechnique et Stéphane CARCILLO, maître de conférence à l'Université Paris I, estiment que cela reviendrait à détruire 800.000 emplois supplémentaires en quelques années.

Tous les experts insistent sur le lien direct du SMIC sur la compétitivité et l'emploi.

Cela n'est guère surprenant lorsque l'on sait que le coût minimum du travail en France est de 70% plus élevé qu'aux Etats-Unis et 80% plus important que la moyenne des pays de l'OCDE.

Le problème essentiel de la France est le déficit budgétaire et le manque de compétitivité des entreprises et il serait plus efficient, plutôt que d'augmenter le SMIC pour octroyer royalement 21,50 euros nets mensuels par salarié concerné, de faire progresser le pouvoir d'achat en agissant sur la structuration fiscale et parafiscale (TVA, impôt sur le revenu, cotisations sociales) de notre Pays très fortement imposé, ce qui aurait un effet direct et plus efficace sur les revenus nets.

  

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Published by Pascal DIAS - dans Politique générale
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commentaires

monique ferrali 26/06/2012 12:26


une fois encore un article clair, synthétique, même si ce sont des informations que l'on peut détenir par ailleurs, c'est toujours bien de profiter d'une pensée cadrée.


Merci


Monique