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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 20:38

Développement durable et politique de la ville sont le plus souvent dissociés au sein de la même collectivité même si, dans la plupart des cas, l’existence de l’autre politique est connue mais son contenu, ses enjeux, ses programmes et actions restent ignorés.

Le développement durable est trop souvent caricaturée en vision « environnementaliste » ou de préoccupation de « riches » tandis que la politique de la ville est stigmatisée dans une conception se limitant à des territoires réservés ou destinée aux « pauvres ».

Cette méconnaissance réciproque crée un frein à tout rapprochement, à tout échange.

Et pourtant, une analyse plus approfondie démontre la pertinence d’une collaboration entre ces deux politiques.

Par l’entremise d’une gouvernance participative, le développement durable tend à rechercher, sur un territoire donné, un meilleur équilibre entre des exigences économiques, sociales et environnementales.

La politique de la ville, quant à elle, doit accompagner l’amélioration des conditions locales, revaloriser certaines zones et réduire les inégalités sociales dans le domaine de l’action sociale et de l’urbanisme, tout en tenant compte des particularités économiques, sociales et culturelles.

Comme nous pouvons l’entrevoir, les objectifs, les valeurs et les méthodes du développement social et du développement durable sont proches et ne peuvent qu’inciter à mener une réflexion sur l’articulation de ces politiques.

Ces deux démarches visent à apporter des réponses aux limites du développement social et urbain de nos sociétés qui génèrent précarisation et exclusion d’une certaines catégories de la population.

Politique de la ville et développement durable tentent donc respectivement à rétablir ces équilibres.

Cet objectif de « bien être » voire de « mieux être » social, économique et environnemental, destiné à l’ensemble des habitants d’un même territoire, contraint ces thématiques à s’interroger sur les questions d’aménagement, de cohésion sociale, d’urbanisme, d’habitat, de cadre de vie, de santé et d’emploi.

Toutes deux doivent s’inscrire dans une indispensable transversalité pour produire une politique publique qui replace la question de l’humain et son épanouissement au centre des préoccupations de la cité.

Politique de la ville et développement durable imposent un ancrage territoriale de l’action publique fondée notamment sur la participation des acteurs intéressés et s’inscrivant nécessairement dans une démarche d’évaluation et d’amélioration constante.

Rappelons toutefois que le positionnement de ces démarchent doit appeler à des projets ambitieux, stratégique, issue d’une réelle conduite du changement même s’il existe un risque politique réel.

L’on constate fréquemment que les méthodes de fonctionnement des deux politiques sont identiques mais rarement partagées malgré qu’elles s’appuient chacune sur une évidente contribution participative.

La politique de la ville se caractérise par l’implication des habitants dans l’identification des besoins et la détermination de projets tandis que le développement durable repose lui sur une gouvernance locale renouvelée.

Le rapprochement est malaisé mais l’existence d’une véritable proximité autorise des passerelles entre ces deux politiques.

Pour être efficace, un portage politique fort, avec des élus concernés et impliqués doit constituer la pierre angulaire de la coopération.

Il est également souhaitable que le projet de développement durable soit le cœur des politiques du territoire, ce qui représente le schéma le plus approprié pour servir de facilitateur aux différentes synergies possibles dont il faudra assurer une évaluations régulière au sein de la collectivité.

Ces deux politiques distinctes, mais similaires par certains points, gagneraient, par conséquent, à se rapprocher dans l’intérêt de tisser des liens entre elles et s’unir pour atteindre l’objectif du « mieux vivre ensemble ».  

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Published by Pascal DIAS - dans Politique de la ville
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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 21:27

Au sens habituel, la politique de la ville désigne la politique mise en place par les pouvoirs publics afin de revaloriser les zones urbaines en difficulté et réduire les inégalités entre les territoires.

C’est pour permettre à ces zones et territoires de trouver toute leur place dans leurs agglomérations que la politique de la ville a été mise en place.

Elle a été initiée en France, il y a plus de trente années, alors que le problème des banlieues surgissait.

Les années 1970 ont vu les pouvoirs publics prendre conscience des difficultés de ce qui sera appelé les « grands ensembles » d’habitat social.

En 1973, une limitation des constructions d’ensembles de plus de 2 000 logements sera recommandée par la circulaire « Guichard », tandis qu’en 1977, le rapport dit « Peyrefitte » sur la violence sera publiée.

Ces cinq dernières années, la politique de ville a vécu diverses réformes adaptant les modes et moyens d’action comme par exemple :

- La création du programme de rénovation urbaine et la création de l’agence nationale pour la rénovation urbaine (loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003) ainsi que la création de l’observatoire national des ZUS et de nouvelles zones franches urbaines,

- L’introduction de la réforme de la dotation de solidarité urbaine (DSU) et le lancement des dispositifs de réussite éducative (loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005),

- La création de l’Agence nationale pour la cohésion sociale (ACSE) et l’augmentation du nombre de zones franches urbaines (loi pour l’égalité des chances du 31 mars 2006),

- Le lancement de nouveaux contrats urbains de cohésion sociale et la création d’une cinquantaine de mesure en faveur des quartiers sensibles (mesures du Comité Interministériel de la Ville du 9 mars 2006).

Si la politique de la ville repose sur la mobilisation des organismes publics, bailleurs sociaux, caisses d’allocations familiales, associations, monde économique ainsi que sur la participation des habitants de ces quartiers, elle est mise en œuvre avec les collectivités territoriales qui contractent avec les préfets en arrêtant un projet de développement pour chaque quartier concerné.

Signés pour une durée de trois ans renouvelable, ces contrats, baptisés « contrats urbains de cohésion sociale (CUCS), planifie des actions identifiées dans cinq champs essentiels que sont :

- L’habitat et le cadre de vie,

- L’emploi et le développement économique,

- L’éducation,

- La citoyenneté et la prévention de la délinquance,

- La santé.

Aucune zone, aucun quartier de la Ville d’Avon n’est éligible à la politique de la ville et aucune intervention ne peut faire l’objet d’un contrat entre le préfet et le maire.

Pour autant, la ville d’Avon doit-elle s’abstenir d’œuvrer à la revalorisation de ses quartiers et à la réduction des inégalités ?  

  

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Published by Pascal DIAS - dans Politique de la ville
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